dimanche 6 décembre 2009

François-Serge Lhabitant, Kedge Capital, plaide pour une surveillance plus étroite des fonds dans lesquels les gérants investissent

François-Serge Lhabitant, responsable chez Kedge Capital Fund Management, plaide pour une surveillance plus étroite des fonds dans lesquels les gérants investissent. Il se montre également critique envers les performances obtenues par de nombreux gérants.

François-Serge Lhabitant est Chief Investment Officer de Kedge Capital Fund Management (Jersey), et professeur de Finance à l’EDHEC Business School (France).

Le Temps: Que pensez-vous de l’effet des changements réglementaires en cours envers les hedge funds en Europe et aux Etats-Unis?

François-Serge Lhabitant: Les hedge funds qui choisissent de devenir accessibles au grand public doivent à mon avis être réglementés. Malheureusement, le dernier projet de directive européenne est un non-sens à mes yeux. Bâclé et populiste, il témoigne d’une grande méconnaissance du monde des hedge funds. Son but caché est simplement d’interdire aux gérants alternatifs anglo-saxons l’accès au marché européen, et si possible de limiter leur rémunération. S’il est adopté en l’état, cela coûtera tout simplement des milliards en manque à gagner aux investisseurs institutionnels européens en les coupant de plusieurs stratégies d’investissement. Aux Etats-Unis, l’approche semble plus raisonnée. On semble revenir à l’idée d’exiger un enregistrement des gérants auprès de la SEC. C’est un premier pas, mais qui ne sera bénéfique que si la SEC a les moyens humains et intellectuels de contrôler régulièrement tous ces fonds. Or ce n’est toujours pas le cas aujourd’hui. Rappelons que Madoff était enregistré auprès de la SEC et avait même été soi-disant contrôlé! Il y a donc encore du chemin à faire au-delà des grands effets d’annonce.

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