BNP Paribas et HEC annoncent aujourd'hui la création du BNP Paribas Hedge Fund Centre à HEC. Troisième du nom, sa création fait suite à celle réalisée à la London Business School (LBS) en 2001 et à la Singapour Management University (SMU) en 2006. La mission des BNP Paribas Hedge Fund Centres, et notamment celui de HEC, est de faciliter, encourager et subventionner une recherche académique nationale et internationale de haut niveau, de dispenser une éducation d'excellence auprès des étudiants, professionnels et investisseurs ainsi que de disséminer une information objective et impartiale sur les Hedge Funds. Le Centre doit ainsi promouvoir la connaissance de la gestion alternative. Il renforce la position des BNP Paribas Hedge Fund Centres dans le monde comme étant des lieux de référence propices aux échanges d'idées, et à l'acquisition de connaissances et d'informations objectives sur les Hedge Funds. Le BNP Paribas Hedge Fund Centre à HEC proposera un programme varié de formations : 3 jours de formation continue à destination des investisseurs et professionnels, un cours sur la gestion alternative dans le cadre du MBA et un cours dans le cadre du Master en Finance. Le Centre organisera également, au cours de l'année, des séminaires et symposium qui seront l'occasion de présenter les résultats de recherches et un débat d'idées entre praticiens et académiques à un public plus large.Les rôles des trois Hedge Fund Centres sont répartis en fonction des qualités et des tropismes de leur université d'accueil et de leurs chercheurs. Ainsi, à Londres, le Centre concentre surtout sa recherche fondamentale sur le pricing et les différentes stratégies d'investissement. A Singapour, il réalise une étude plus spécifique sur l'industrie, le rôle et les caractéristiques des Hedge Funds asiatiques. Enfin, à Paris, le Centre s'intéressera au modèle entrepreneurial des Hedge Funds, à leur structure managériale et aux enjeux stratégiques auxquels font face ces sociétés de gestion.
http://www.bnpparibas.ch/fr/actualite/actualite.asp?Code=LPOI-79DDFU
jeudi 29 novembre 2007
jeudi 22 novembre 2007
L'analyse technique est-elle plus efficace que l'analyse fondamentale ?
Ce débat ancien entre la supériorité de telle ou telle méthode d'analyse, devient lassant et montre la paresse intellectuelle de certains individus pourtant formés dans les meilleures écoles. Comment se fait-il qu'une méthode efficace soit autant décriée ? Dans les pays anglo-saxons, l'analyse technique est de plus en plus intégrée dans les cours universitaires et toutes les gestions l’utilisent sans s'en cacher. En France, le pays de Descartes, il semble honteux d'avouer utiliser cette méthode analyse. Un gérant interrogé sur Bloomberg affirmait sans ambages que l'analyse technique était une boule de cristal et que sa performance s'expliquait essentiellement par l'utilisation de l'analyse fondamentale.
J'ai assisté dernièrement à une réunion réunissant plusieurs analystes techniques de haut vol. A la fin de la réunion, plusieurs analystes ont fait le point sur la profession et surtout la manière dont cette méthode d'analyse était perçue par les gérants de portefeuille et autres traders. L'intervention d'un analyste m'a rappelé les propos tenus par le chercheur Olivier Godechot dans son livre sur la sociologie des traders. Cet analyste expliquait que sa performance était largement supérieure à celle des économistes de marché et autres analystes financiers. Ces propos ne m'étonnent guère car l'analyse technique est une méthode extrêmement pragmatique qui s'intéresse essentiellement à l'évolution des cours. De même, la performance de cette méthode d'analyse expliquerait son utilisation accrue par une partie non négligeable de la profession financière. Analyste technique auprès de plusieurs cabinets de premier plan, j'ai eu l'occasion de conseiller de nombreux gérants et traders. Lorsque les marchés décalaient fortement, les gérants étaient toujours à la recherche d'informations et me posaient la sempiternelle question : pourquoi ? Je répondais justement qu'il n'y avait pas nécessairement de raison derrière un décalage brutal des cours boursiers et qu'il fallait simplement prendre comme référence l'évolution des cours boursiers qui contenait toute l’information nécessaire à la prise de décision.
Pourtant, certains gérants de portefeuille semblent encore réfractaires et mettent en avant la « supériorité scientifique » de l'analyse fondamentale. Olivier Godechot a relevé ce phénomène lors de son étude en situation dans une salle de marché et donne l'exemple d'un trader polytechnicien qui avait un dédain certain pour cette « méthode naïve ». Ce dernier reprochait même à son collègue, un agrégé de philosophie, son utilisation et ne comprenait pas pourquoi une personne brillante sur le plan intellectuel pouvait vendre son âme en l’utilisant. Pourtant, les traders interrogés par Godechot expliquaient que l'analyste technique de la salle de marché avait raison dans 60/70% et qu’il se trompait beaucoup moins que l'économiste de marché. Apparemment, cet argument ne semblait pas suffire.
Loin de moi l'idée de remettre en question l'analyse fondamentale. D'ailleurs, je ne doute pas de son efficacité économique et sociale. Néanmoins, dans mon livre l'art du trading, j’ai cherché à démontrer que les arguments utilisés par certains gérants de portefeuille et autres analystes financiers étaient non avérés et non fondés. Je me suis basé pour cela sur les travaux de la théorie néoclassique qui fondent scientifiquement l'analyse fondamentale. La théorie néoclassique explique qu'il est impossible d'utiliser une méthode d'analyse pour battre les marchés (analyse fondamentale compris). Certains travaux de recherche réalisés par des économistes (Meese et Rogoff) vont même plus loin : ils expliquent qu'un modèle utilisant de simples moyennes mobiles serait plus efficace qu'une méthode basée sur l'analyse fondamentale pour prédire les taux de change à court terme. Dès lors, l'argument des gérants et des analystes financiers qui consiste à dire que l'analyse fondamentale est solide car elle est appuyée par des travaux académiques solides est une pure création de l’esprit. Elle est sans doute beaucoup plus familière pour ces gérants et analystes mais son efficacité n’est en rien avérée. Je suis plus que convaincu de la nécessité pour tout trader, analyse et gérant de maîtriser cette technique d'analyse des cours boursiers.
Par Thami Kabbaj
Agrégé de l'Université
Directeur de collection - Editions d'Organisation/Eyrolles
Auteur du récent livre : "L'art du Trading"
http://www.thamikabbaj.com/
J'ai assisté dernièrement à une réunion réunissant plusieurs analystes techniques de haut vol. A la fin de la réunion, plusieurs analystes ont fait le point sur la profession et surtout la manière dont cette méthode d'analyse était perçue par les gérants de portefeuille et autres traders. L'intervention d'un analyste m'a rappelé les propos tenus par le chercheur Olivier Godechot dans son livre sur la sociologie des traders. Cet analyste expliquait que sa performance était largement supérieure à celle des économistes de marché et autres analystes financiers. Ces propos ne m'étonnent guère car l'analyse technique est une méthode extrêmement pragmatique qui s'intéresse essentiellement à l'évolution des cours. De même, la performance de cette méthode d'analyse expliquerait son utilisation accrue par une partie non négligeable de la profession financière. Analyste technique auprès de plusieurs cabinets de premier plan, j'ai eu l'occasion de conseiller de nombreux gérants et traders. Lorsque les marchés décalaient fortement, les gérants étaient toujours à la recherche d'informations et me posaient la sempiternelle question : pourquoi ? Je répondais justement qu'il n'y avait pas nécessairement de raison derrière un décalage brutal des cours boursiers et qu'il fallait simplement prendre comme référence l'évolution des cours boursiers qui contenait toute l’information nécessaire à la prise de décision.
Pourtant, certains gérants de portefeuille semblent encore réfractaires et mettent en avant la « supériorité scientifique » de l'analyse fondamentale. Olivier Godechot a relevé ce phénomène lors de son étude en situation dans une salle de marché et donne l'exemple d'un trader polytechnicien qui avait un dédain certain pour cette « méthode naïve ». Ce dernier reprochait même à son collègue, un agrégé de philosophie, son utilisation et ne comprenait pas pourquoi une personne brillante sur le plan intellectuel pouvait vendre son âme en l’utilisant. Pourtant, les traders interrogés par Godechot expliquaient que l'analyste technique de la salle de marché avait raison dans 60/70% et qu’il se trompait beaucoup moins que l'économiste de marché. Apparemment, cet argument ne semblait pas suffire.
Loin de moi l'idée de remettre en question l'analyse fondamentale. D'ailleurs, je ne doute pas de son efficacité économique et sociale. Néanmoins, dans mon livre l'art du trading, j’ai cherché à démontrer que les arguments utilisés par certains gérants de portefeuille et autres analystes financiers étaient non avérés et non fondés. Je me suis basé pour cela sur les travaux de la théorie néoclassique qui fondent scientifiquement l'analyse fondamentale. La théorie néoclassique explique qu'il est impossible d'utiliser une méthode d'analyse pour battre les marchés (analyse fondamentale compris). Certains travaux de recherche réalisés par des économistes (Meese et Rogoff) vont même plus loin : ils expliquent qu'un modèle utilisant de simples moyennes mobiles serait plus efficace qu'une méthode basée sur l'analyse fondamentale pour prédire les taux de change à court terme. Dès lors, l'argument des gérants et des analystes financiers qui consiste à dire que l'analyse fondamentale est solide car elle est appuyée par des travaux académiques solides est une pure création de l’esprit. Elle est sans doute beaucoup plus familière pour ces gérants et analystes mais son efficacité n’est en rien avérée. Je suis plus que convaincu de la nécessité pour tout trader, analyse et gérant de maîtriser cette technique d'analyse des cours boursiers.
Par Thami Kabbaj
Agrégé de l'Université
Directeur de collection - Editions d'Organisation/Eyrolles
Auteur du récent livre : "L'art du Trading"
http://www.thamikabbaj.com/
mercredi 21 novembre 2007
Edhec Risk : Gilles Glicenstein (BNP Paribas) s'exprime au sujet du seed capital et de l'incubation chez BNP Paribas
Très récemment, le 17 octobre 2007, l'organisme de recherche "Edhec Risk" a interviewé Gilles Glicenstein, Président de BNP Paribas Asset Management et Directeur de BNP Paribas Investment Partners. A ce titre, Gilles Glicenstein a développé l'approche originale de la société dans le domaine du seed capital et de l'incubation et plus généralement des partenariats qu'elle conduit avec les gérants de hedge funds.
Vous trouverez la retranscription intégrale de cet interview à l'adresse suivante : http://www.edhec-risk.com/Interview/RISKArticle.2007-10-17.2217/view
Nous avons extrait les deux paragraphes relatifs au seed capital et à l'incubation :
Edhec Risk : You have just created BNP Paribas Investment Partners, a new commercial brand bringing together the asset-management affiliates of the BNP Paribas group. What is your strategy for this new brand?
Gilles Glicenstein : In just a few years, our company has achieved widely recognised expertise across a range of innovative products and new markets. Over the last 5 years the number of partners has grown from seven to fifteen, and assets under management have swelled from €170bn to €344bn. We have implemented a distinctive business model that allows us to bring together our specialised capabilities in asset management under the brand name of BNP Paribas Investment Partners. This strategic move offers investors easy access to all the latest innovations in asset management and, strategically, it enables us to strengthen our position as a multi-specialist asset manager.
The creation of the BNP Paribas Investment Partners’ brand name reflects extensive changes in the asset management industry: Today, competition comes not only from rival fund managers but also from other sources: the pace of development has accelerated sharply with the influence of hedge funds and private equity managers, as well as the ever-increasing complexity of techniques and investment products, and the proliferating opportunities in new markets. With BNP Paribas Investment Partners, we are well positioned to address these evolutions and extend our positions around the world.
Edhec Risk : Are you not afraid that imposing the administrative duties of a large corporation on your affiliates will limit their creativity in some way?
Gilles Glicenstein : BNPP IP provides new partners with the advantages of a major player. First of all, a strong, international sales force enables the distribution of our partners’ products throughout the world and brings the boutiques’ products to a clientele that may not have previously had access to them. This distribution model permits managers to focus on their real expertise: the management of funds. A large group also brings financial strength in the form of seed capital that allows for the incubation and subsequent launching of new strategies. In addition, this structure brings welcome liquidity to the boutiques’ shareholders. Finally, we respect the investment autonomy of our partners and protect their entrepreneurial culture, as they are both invaluable assets."
Enfin, il convient de rappeler que BNP Paribas Asset Management est partenaire de l'Edhec Risk au sein d'une chaire dédiée à l'asset management :
http://www.edhec-risk.com/edito/RISKArticleEdito.2007-10-17.2507/view
Vous trouverez la retranscription intégrale de cet interview à l'adresse suivante : http://www.edhec-risk.com/Interview/RISKArticle.2007-10-17.2217/view
Nous avons extrait les deux paragraphes relatifs au seed capital et à l'incubation :
Edhec Risk : You have just created BNP Paribas Investment Partners, a new commercial brand bringing together the asset-management affiliates of the BNP Paribas group. What is your strategy for this new brand?
Gilles Glicenstein : In just a few years, our company has achieved widely recognised expertise across a range of innovative products and new markets. Over the last 5 years the number of partners has grown from seven to fifteen, and assets under management have swelled from €170bn to €344bn. We have implemented a distinctive business model that allows us to bring together our specialised capabilities in asset management under the brand name of BNP Paribas Investment Partners. This strategic move offers investors easy access to all the latest innovations in asset management and, strategically, it enables us to strengthen our position as a multi-specialist asset manager.
The creation of the BNP Paribas Investment Partners’ brand name reflects extensive changes in the asset management industry: Today, competition comes not only from rival fund managers but also from other sources: the pace of development has accelerated sharply with the influence of hedge funds and private equity managers, as well as the ever-increasing complexity of techniques and investment products, and the proliferating opportunities in new markets. With BNP Paribas Investment Partners, we are well positioned to address these evolutions and extend our positions around the world.
Edhec Risk : Are you not afraid that imposing the administrative duties of a large corporation on your affiliates will limit their creativity in some way?
Gilles Glicenstein : BNPP IP provides new partners with the advantages of a major player. First of all, a strong, international sales force enables the distribution of our partners’ products throughout the world and brings the boutiques’ products to a clientele that may not have previously had access to them. This distribution model permits managers to focus on their real expertise: the management of funds. A large group also brings financial strength in the form of seed capital that allows for the incubation and subsequent launching of new strategies. In addition, this structure brings welcome liquidity to the boutiques’ shareholders. Finally, we respect the investment autonomy of our partners and protect their entrepreneurial culture, as they are both invaluable assets."
Enfin, il convient de rappeler que BNP Paribas Asset Management est partenaire de l'Edhec Risk au sein d'une chaire dédiée à l'asset management :
http://www.edhec-risk.com/edito/RISKArticleEdito.2007-10-17.2507/view
mercredi 14 novembre 2007
Les Hedge Funds les plus petits performent mieux.
Les petits hedge funds ont surperformé de 29% par rapport aux hedge funds ayant un encours et une expérience plus longue, selon TrimTabs Investment Research. Dans son dernier rapport sur l'industrie des Hedges Funds, Trimtabs a fait ressortir que les HFs avec moins de $100 millions d'encours sous gestion avaient un retour sur investissement moyen annuel de 8.61%, comparé à 6.29% pour les HFs avec plus de $2 milliards sous gestion, concluant que plus ils sont petits, plus ils sont efficaces. L'étude note aussi que les plus performants - les plus petits - ont aussi la plus grande corrélation avec le S&P500 (67.3%), mais que ceux avec la plus mauvaise corrélation - 29.9% de ceux qui rentrent dans la catégorie des "large"(entre $1 billion et $2 billions AUM) - produisent encore un retour sur investissement meilleur - 7.69%- que ne le font les "mega" HFs. Assez curieusement, on ne peut pas conclure que la plus grande corrélation avec le S&P est la clef du succès, puisqu'il apparaît que les "mega" HFs ont une corrélation de 50.3% et sont encore les plus mauvais "performers".
TrimTabs a aussi découvert que les investisseurs tendent à favoriser les petites entreprises de gestion quand elles allouent le nouveau cash disponible. En effet, l'étude fait ressortir qu'il existe "une relation presque linéaire" entre "risk-adjusted returns" et nouveaux mouvements de cash comparés aux encours, avec un ratio de 33.6% pour les "mega" fonds comparés à 71.4% pour les petits fonds. TrimTabs anticipe que les fonds de HFs ont certainement une part de responsabilité dans ce processus. Les responsables de FoHF, selon TrimTabs, "analysent le ratio risque/rendement de leurs portefeuilles et allouent le nouveau cash disponible aux petits et plus performants des HFs".
http://www.trimtabs.com/
TrimTabs a aussi découvert que les investisseurs tendent à favoriser les petites entreprises de gestion quand elles allouent le nouveau cash disponible. En effet, l'étude fait ressortir qu'il existe "une relation presque linéaire" entre "risk-adjusted returns" et nouveaux mouvements de cash comparés aux encours, avec un ratio de 33.6% pour les "mega" fonds comparés à 71.4% pour les petits fonds. TrimTabs anticipe que les fonds de HFs ont certainement une part de responsabilité dans ce processus. Les responsables de FoHF, selon TrimTabs, "analysent le ratio risque/rendement de leurs portefeuilles et allouent le nouveau cash disponible aux petits et plus performants des HFs".
http://www.trimtabs.com/
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