La directive est ainsi vouée à l’échec car elle commet l’erreur, liée à son a priori moral, de vouloir réglementer le fabricant (le gérant de hedge fund) et non le produit (le hedge fund lui-même). Il est sûr et certain que le projet de directive européenne visant à réglementer les hedge funds, quel que soit son aboutissement, sera un échec. Soit la directive est approuvée dans une version maximaliste, auquel cas l’accessibilité par les épargnants en Europe à ce type de gestion sera réduite et la création de sociétés de gestion alternative sera défavorisée par rapport à New York ou la Suisse. Soit c’est une version minimaliste qui est retenue, alors seront mises en place des réglementations tatillonnes, des procédures administratives lourdes, des fonctionnaires inutiles, tant les exceptions, dérogations et moyens de contourner la directive seront nombreux (et comptons sur la Grande-Bretagne pour que cela soit le cas). Si ma conviction d’un échec est si forte, c’est que la directive, sur base d’un jugement moral, met au centre de la réglementation le gérant de hedge fund, alors que c’est le fonds lui-même et seulement lui qu’il faudrait réglementer.
Lire l'article de Alexandre Col sur :
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9a20d3b6-62bd-11df-abf4-797f50d66ef5/Directive_AIFM_chronique_dun_échec_annoncé
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