mardi 12 juillet 2011

Hedge funds à Genève, la grande mutation

Nombre de sélectionneurs de fonds n’ont pas échappé à la crise . Les survivants en profitent mais repensent leur activité . Le signe que la place genevoise a perdu de son aura dans les fonds de hedge funds? «Le nombre d’événements qui y sont organisés a largement décliné. Avant, on pouvait rencontrer les gérants alternatifs les plus connus. Aujourd’hui, c’est fini. Ils ont pratiquement déserté la place tout simplement parce qu’ils ne peuvent plus lever un centime à Genève», observe Olivier Baum gartner-Bezelgues, consultant indépendant.
De l’aveu d’un des plus grands acteurs suisses du domaine, la place de Genève a perdu sa place de leader. «Elle fait maintenant probablement partie des trois grands «hubs» de la gestion de fonds de fonds, mais elle ne domine plus dans ce segment», reconnaît Nicolas Campiche, directeur général de Pictet Alternative Investment, qui affiche 11,5 milliards de francs sous gestion, dont 4,5 milliards en fonds de hedge funds.
Depuis 2008, l’industrie des fonds de fonds est victime de la tendance à la désintermédiation, explique Laurent Chevallier, de chez Eurofin Capital. Ce n’est pas seulement vrai pour Genève, mais cette dernière a particulièrement souffert de l’exposition de certains de ses acteurs aux fonds Madoff, poursuit cet observateur de la scène locale. Si beaucoup de sociétés ont disparu à Genève, d’autres places ont aussi subi le contrecoup de la crise. «Dans ce domaine, Paris est décimé», assure l’expert. Il estime en outre qu’une myriade de sélecteurs de fonds risque de disparaître car ils n’ont pas la masse critique. «Au-dessous de 500 millions de francs sous gestion, ces sociétés vivotent et, pour ceux qui ont entre 20 et 150 millions, il faut s’attendre à une consolidation», selon lui.
Certains sélectionneurs de fonds, même petits, affirment cependant toujours bien se porter. «Nous continuons d’enregistrer des souscriptions. Le canal des banques est en train de se rouvrir pour plusieurs raisons et les gérants indépendants montrent un intérêt croissant pour les fonds de fonds», assure Dariush Aryeh, fondateur de Fundana. Il reconnaît qu’il y a moins de clients de manière générale, mais il observe surtout que de nombreux fonds ont fermé ou ont complètement changé d’activité. Contactés, un grand nombre d’entre eux a préféré ne pas s’exprimer sur leur réorientation.
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