La crise actuelle n'épargne personne sauf peut-être les CTA. Elle démontre aussi que nul ne peut s'affranchir de réaliser ses pertes. La fraude colossale perpétrée par Bernard Madoff vient le confirmer. Son historique de performances présentait des caractéristiques exceptionnelles dont les investisseurs étaient très friands: une volatilité basse de 3% environ pour un rendement annualisé supérieur à 10%. Les vrais traders vous diront qu'on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs. En effet, il est très difficile sinon impossible de retourner des rendements positifs et récurrents sans subir une certaine volatilité. Le retour au-devant de la scène de la volatilité et des grandes tendances sur les principaux marchés sonne la réhabilitation des traders systématiques. Ce sont les seuls qui savent appliquer de façon militaire les règles de base du trading, à savoir «couper ses pertes et laisser courir ses profits» et ne «jamais traiter contre la tendance». Aussi, le débat sur les CTA est relancé. Ils sont en hausse de 16,45% au 18 décembre pour 2008, selon le Barclay Systematic Traders Index.
Un CTA désigne le plus souvent un gérant qui applique un ensemble de stratégies systématiques sur les marchés organisés de contrats futures. CTA signifie Commodity Trading Advisor. Cette appellation est un abus de langage car ces fonds ne se cantonnent en aucun cas aux contrats futures sur les matières premières. C'est pour des raisons légales et historiques qu'aux Etats-Unis les gérants actifs sur les contrats futures ont l'obligation de s'enregistrer comme CTA auprès de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission). Standard and Poor's, dans sa tentative de création d'indices alternatifs, avait tenté de les appeler Managed Futures afin de lever l'ambiguïté relative aux matières premières. En outre, ces gérants doivent s'enregistrer auprès de la NFA (National Futures Association). Ce qui fait de cette stratégie une des plus réglementées de l'univers alternatif. Cependant l'incompréhension des investisseurs va bien au-delà de l'appellation de la stratégie. Nombre d'entre eux lui attribuent, à tort, le qualificatif de boîte noire.
Par O. Baumgartner-Bézelgues, Analyste financier, CIIA.
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lundi 22 décembre 2008
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