lundi 8 septembre 2008

Comment les « hedge funds » soignent leur image

D'un côté, les « Google », brandis comme des étendards d'une économie innovante et saine. De l'autre, les « hedge funds » et fonds alternatifs, qui seraient opportunistes et amoraux, fossoyeurs de la finance. Cette vision est largement entretenue par certains médias au point d'être devenue une doxa commune à l'opinion publique. Les « hedge funds » sont présentés comme une menace pour l'économie tout entière, tout en profitant à quelques « happy few » de la finance, jaloux de leurs chasse gardée et méthodes opaques. Avec la chute de LTCM en 1998, ou celles tout dernièrement d'« Amaranth Advisors », Peloton ABS et Carlyle Capital Corp. qui ont emporté avec eux près de 30 milliards de dollars, la gestion alternative n'en est en effet pas à son premier scandale et traîne avec elle depuis plusieurs années une réputation sulfureuse.
Avec plus de 1.100 milliards de dollars gérés en 2007, les « hedge funds » agissent certes comme une force destructrice, mais au sens de la notion de « destruction créatrice », inhérente, comme l'expliquait Joseph Schumpeter (1883-1950), à la logique du système capitaliste. En ce sens, l'allocation optimale du capital, salutaire et nécessaire au progrès économique, n'est guère remise en cause, et ce qui est reproché aux « hedge funds » n'est autre que leur manque de transparence et leur relative opacité.
A l'heure où les marchés boursiers perdent confiance, que la volatilité s'envole et que le mot « crise » est en tête des mots les plus cités par la presse financière, le HFSB (Hedge Fund Standard Board) ou code de bonnes pratiques visant à améliorer la transparence des fonds, initié au début de cette année par sir Andrew Large - ex-vice gouverneur de la Banque d'Angleterre - vient à point nommé. Le HFSB a réussi la prouesse de convaincre les dirigeants des quatorze plus importants représentants de cette industrie (parmi eux, Marshall Wace, GLG, Man Group) de s'autoréguler pour recouvrir tout le crédit nécessaire auprès des investisseurs mais surtout éviter une réglementation exogène. Outre-Manche, la presse spécialisée comme les spécialistes de cette industrie se sont félicités des travaux du HFSB, qui est ainsi parvenu à placer le curseur de l'autorégulation à un niveau qui aboutira à plus de transparence - notion que Warren Buffett définissait comme le fait de « dire aux investisseurs ce que nous voudrions savoir si nous étions à leur place » - sans toutefois brider ces « formules » de la gestion d'actifs.

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http://www.lesechos.fr/info/analyses/4768177.htm

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