lundi 15 septembre 2008

Les stratégies total return sur un marché volatil: succès ou échec?

Par Daniel Hausammann, Responsable Total Return Solutions, MACS Credit Suisse Asset Management.

Ces derniers mois et semaines, les critiques se sont multipliées à l'égard des stratégies d'investissement «total return» et «absolute return». Face aux turbulences qui secouent les marchés, des doutes ont été émis quant à leur capacité à tenir leurs promesses de rendement. Hélas fréquemment confondues, les deux stratégies sont trop souvent associées à l'idée selon laquelle elles généreraient systématiquement un rendement positif, indépendamment des fluctuations du marché. Cette attente tient du conte de fées car les déceptions ne sont pas rares.

Les termes «total return» et «absolute return» sont souvent assimilés. Il existe pourtant des différences fondamentales entre les deux stratégies. Les solutions total return et absolute return se distinguent essentiellement par la stratégie d'investissement associée. Selon la situation sur le marché financier, les stratégies total return peuvent investir de manière très flexible dans une multitude de classes d'actifs et de marchés. Dans le service Asset Management de Credit Suisse, ces stratégies ne permettent toutefois ni d'ouvrir une position «short» (c'est-à-dire de réaliser des ventes à découvert nettes), ni de produire un effet de levier par intégration de capitaux empruntés supplémentaires. Il s'agit ainsi de produits «long-only» extrêmement flexibles qui, dans un environnement négatif pour toutes les classes d'actifs, peuvent conserver jusqu'à 100% de liquidité. Les stratégies absolute return, en revanche, sont censées dégager, comme leur nom l'indique, un rendement absolu positif supérieur au taux sans risque, quelle que soit la situation du marché. Pour atteindre cet objectif, elles peuvent prendre une position «short» nette qui leur permet de profiter également de marchés baissiers. Un effet de levier peut en outre être généré grâce à l'utilisation de capitaux empruntés.

Malheureusement, il n'est pas rare que les expressions «total return» et «absolute return» soient confondues. Ainsi, de nombreux produits ont dans leur nom les mots «absolute return» alors qu'ils poursuivent une stratégie total return, et vice versa. Par ailleurs, les investisseurs oublient volontiers que les stratégies absolute return présentent généralement un risque plus élevé que les stratégies total return et qu'elles sont moins réglementées.

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