Nous sommes conservateurs et averses au risque. Les 5% que représente le capital-risque dans l’industrie du private equity en France le prouvent. Mais contrairement aux hedge funds, le capital-risque a su se doter d’un cadre réglementaire et fiscal plutôt innovant et compétitif. À charge pour l’épargne nationale, privée et publique, de transformer l’essai.
On le sait, les PME sont une des composantes essentielles de notre tissu économique : elles fournissent l’essentiel de nos nouveaux emplois. À ne pas négliger donc. Mais, on sait aussi, que ces entreprises en croissance souffrent d’une sous-capitalisation et réclament des réponses à leurs besoins de financement. Le capital-risque apparaît être la solution. D’après l’EVCA (European Venture Capital Association), l’industrie du private equity aurait créé entre 2000 et 2004, 1 million de nouveaux emplois dont 630 000 par l’intermédiaire des fonds de venture capital. Indéniablement, cette industrie soutient la création des nouvelles structures à forte croissance. Mais à y regarder de plus près, on entrevoit quelques distorsions entre notre vieux continent et le continent américain. Alors que ce dernier s’est développé depuis fort longtemps, le modèle européen peine encore et reste en Europe continentale une industrie mineure bien loin derrière les pays anglo-saxons ou encore l’Israël. En 2006, l’AFIC a enregistré un investissement en France de 536 millions d’euros contre plus de 5 milliards d’euros pour la Grande-Bretagne. La divergence de la structure de l’épargne et l’insuffisance d’investisseurs long terme sur l’Hexagone expliquent cet écart. « L’absence de fonds de pension et le manque d’épargne long terme pèsent sur le développement du capital-risque en France. Les contraintes des assureurs ne peuvent pas leur permettre d’être aussi présents sur ce créneau que des fonds de pension », précise Christophe Bavière, chief executive officer d’AGF Private Equity. Et Antoine Colboc, responsable de l’activité de Capital Risque chez Crédit Agricole Private Equity, d’ajouter : « Contrairement à la France, les États-Unis et Israël ont tout de suite perçu l’intérêt de soutenir la création des structures innovantes même si au départ ce n’est pas une activité naturellement rentable. »
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